Récit du calvaire
26/9/2008
Lundi 1er septembre 2008, nous partîmes vers une contrée sauvage et totalement dépourvue de civilisation, loin de notre confort industriel si cher à notre cur. La larme à l'il et le ventre serré, l'avion nous emmena vers une destination que nous redoutons avec véhémence. Comme tous les ans, voilà le moment que tout le monde redoute : les vacances !
Ah qu'on est bien au travail, hein? Qu'allions nous faire dans un pays où ni faune, ni flore ne subsiste, où il n'y a rien à faire d'autre que de penser au travail? Nous n'eûmes pas le choix. La Turquie. C'était ça ou Dunkerque.
A peine arrivés, nous vîmes le décor qui nous entourerait durant une longue semaine, un décor pauvre, froid et glacial.
Je regardai Elo avec empathie. Que faisions-nous là, alors que le climat tropical régnait en maître sur la région parisienne? Je soupirai, et pris sur moi. Qu'allait-il nous arriver?
De jour en jour, nous découvrîmes les aspects particuliers de ce pays. Quelles surprises nous attendîmes alors ! Nous vîmes diverses espèces animales uniques et jamais vues, mais dangereuses au point que nous n'osions à peine y poser un simple regard.
La surprise passée, nous nous sommes joints à nos amis, déjà présents sur place depuis quelques jours, et attendant avec impatience notre arrivée. Ils nous mirent au fait de la situation, de l'ennui omniprésent qui ressurgissait de cet endroit. Ouais, nous pûmes le dire, on allait se faire chier !
Nous n'avions plus le choix après tout, impossible de faire marche arrière. Résignés à survivre dans un lieu pire que Koh Lanta, nous nous essayâmes aux coutumes locales. Décidés à ne pas avoir fait tout ce chemin pour rien, nous entreprîmes de partir loin de club chaque jour, tôt le matin, sacs à dos et lampes torches, pour ensuite camper dans les champs. Oui, ce fut éreintant !

Petit à petit, je remarquai qu'Elo palissait. Son teint devenait blanchâtre, sa mine grise. Elle n'en pouvait plus. Je senti en elle un besoin immédiat de retourner à son si cher travail, là où elle se sentait bien. Loin d'ici. Loin de cet enfer.

Je décidai de changer tout ça ! S'en fut assez ! Boudiou ! On allait pas se laisser atteindre par la tristesse comme cela !
J'enfilai mon tee shirt orange, et je réunissais tout le monde au quartier général. Nous devions agir au plus vite !

La décision fut radicale : c'était trop tard. Le mal du pays nous avait atteint. Nous étions fichus. Fichus ! Kapoute ! Les jours passèrent irrémédiablement sans que nous ne puissions nous égayer, nous réjouir d'être tous ensemble. Pis encore, la distance s'accumulait entre Elo et moi. Peu avant la fin, nous devenions comme des étrangers l'un pour l'autre.

Heureusement, tout a une fin. Le départ se prononça comme une délivrance. Nos amis, contraints à rester encore sur place quelques jours supplémentaires, nous regardèrent, l'il envieux, fuir ce pays et retrouver notre nid douillet. Quelle exultation !
Allez, à la revoyure, et remettons ça dès que possible ! Purée, une semaine c'est trop court... J'veux y retourneeeeeer !
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